Poèmes

Abîme vertigineux

Plus rien n'a d'odeur, plus rien n'a de goût,

Le monde est sans couleur, sans lumière et sans voûte,

Disgrâce : l'originalité a disparu de toutes les bouches,

Tout dans ce siècle porte à devenir farouche.

Que ne suis-je pas forgé pour un bonheur simple ?

C'est pourtant là ce que l'on prônait jadis en Olympe,

Ils se querellent pour désigner le plus médiocre,

Sur ces entrefaites j'édifie un corps fait de roc.

Ces années passées ne m'auront guère changé,

Seul à méditer en lieu et place de songer à l'été,

Dans mon cœur toujours l'hiver avec ce parfum de mystère,

Je ne puis songer qu'une mécanique bien froide n'huile pas l'univers.

Tendou © 2025



Vision d'apocalypse


J'approchai de la noble Bête,

Qui posséda deux hémisphères,

Qui sur la terre ou sur la mer,

Ordonna de chanter à tue-tête,

«Tu es celle qui donna à Byzance,

Toute son industrie, toute sa science»,

Elle corrompit les âmes impies,

Et terrassa ces corps sans vie.

Le sol gronda tout en s'ouvrant,

Et commanda aux plus vaillants,

De bien loin partir et d'y rester,

A moins qu'ils ne furent déterminés,

Les plus héroïques firent retraite,

Avant que n'arrive l'insatisfaite,

La mort elle-même qui donna lieu,

Au nouveau cycle en de nouveaux lieux.

Tendou  © 2016





 

Au royaume de l'ennui

Mon exutoire à l'ennui

Au royaume de l'ennui,

Trône mon corps,

Mais devant l'envie,

Je m'extasie encore.

Mon âme en est lasse,

Quelle curieuse chose,

Comme disait Horace,

« Mesure en toute chose. »

Hélas cette gnose,

Je ne l'entends pas,

Elle sonne mauvaise prose,

Gardez ce fatras.

Sans commune mesure,

La chair m'attire,

Car dans la luxure,

L'ennui peut s'enfouir.

Tendou  © 2016

Epigramme contre le genre humain

Dans mon univers cloisonné


Souffrez d'apprendre ô chers humains,

A quel point vous êtes vicieux,

Et le sage ou le vieux,

Quelle profonde tristesse vous étreint !

En cette heure bien enlisé,

Dans ce cynisme fort travaillé,

Que je nous admire ou méprise,

Sur nos conditions, point d'emprise.

Les savants de leur docte hauteur,

Qui peuvent même prédire le bonheur,

Ont comme nous la même substance,

Qui inlassablement vers la mort s'élance.

Envers nous-mêmes, nous avons foi,

Ayant perdu gaieté et joie,

Ce que dame nature put nous offrir,

Nous n'avons su que le détruire.

Tendou © 2016



La parole

La parole

-Courte apologie-

La parole s'épuise,

D'un trait de temps,

Attire convoitise,

Chez quelques gens,

Quand elle fut belle,

J'y songe encore,

Le silence d'un tel,

Est tout sauf d'or. 

Tendou © 2016 

Tous droits réservés © 2016 Tendou
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