Anthony K
Journaliste, chroniqueur et blogueur

Pour quelle raison les séismes se produisent-ils et où ?

Quand des séismes comme celui d'aujourd'hui en Charente-Maritime se produisent, les populations touchées et parfois choquées par ces secousses, parfois à répétition, peuvent en venir à se demander pourquoi...

Quand des séismes comme celui d'aujourd'hui en Charente-Maritime se produisent, les populations touchées et parfois choquées par ces secousses, parfois à répétition, peuvent en venir à se demander pourquoi c'est à elles que cela arrive. Et en effet, les mécanismes qui se cachent sous la Terre et qui la font bouger sont complexes et les résultats peuvent être destructeurs lorsqu'un tremblement se trahit par des dégâts matériels, voire malheureusement des blessures et des morts.

Si l'on souhaitait expliquer les choses simplement, nous pourrions comparer notre planète à une orange qui semble dure à l'extérieur grâce à son écorce, mais qui cache en fait à l'intérieur une chaleur intense qui induit des mouvements visqueux en s'évacuant. Ce phénomène touche plus particulièrement l'asthénosphère située entre 100 et 700 km de profondeur. Ces mouvements vont provoquer la tectonique des plaques, cela désigne en d'autres termes les mouvements des plaques rigides lithosphériques (situées à la surface du globe et jusqu'à 100 à 200 km de profondeur). On pourrait donc dire que cela fait bouger « l'écorce » de la Terre. Ce sont les frottements qui produisent les séismes tels que nous les expérimentons. Les roches sont comme un ressort comprimé : elles se déforment, de l'énergie élastique s'accumule et au bout d'un moment, le seuil de résistance des roches est dépassé, elles cèdent alors brutalement. Les plaques tectoniques glissent alors l'une contre l'autre de part et d'autre d'une faille. L'énergie accumulée est relâchée lorsqu'un ressort comprimé est relâché d'un coup. Ce relâchement se fait sous forme de chaleur (phénomène de friction au niveau de la zone de contact) et de vibrations (ondes sismiques).

Les mouvements de grandes plaques lithosphériques dues au thermodynamisme peuvent être différenciés en trois catégories distinctes :

  • Il y a tout d'abord un mouvement d'étirement. C'est à ces endroits que se créent les plaques océaniques au niveau des fossés d'effondrement (les rifts) et des grandes dorsales médio-océaniques. Une fracture s'opère à ces endroits.
  • Il existe aussi un mouvement de raccourcissement là où les zones se chevauchent, cela s'appelle la subduction, car une plaque océanique passe sous une autre (on note ici les exemples de la ceinture du Pacifique au Chili, Alaska et Japon), mais il peut aussi y avoir une collision quand deux plaques continentales sont concernées (comme pour les chaînes himalayenne ou alpine).
  • Enfin, il y a un décrochement (ou coulissage latéral) comme au niveau des failles transformantes les fameuses failles de San Andreas (Californie, États-Unis) ou la faille nord-anatolienne (Turquie).



La couleur bleue n'a été perçue que tardivement par les humains


Si aujourd'hui nous n'avons aucun mal à distinguer le bleu ainsi que ses différentes nuances des autres couleurs, il n'en a pas toujours été ainsi. En réalité, ce n'est que très tard que l'humain a été conscient de cette teinte primaire, lorsque les mots pour l'exprimer sont apparus.

Le langage conditionne énormément la perception du monde de l'individu, même pour les concepts les plus simples, comme la couleur bleue, une couleur primaire apparue finalement assez tard dans le langage humain, et donc dans sa perception. Un constat que William Gladstoned a été l'un des premiers à faire, en 1858, lorsqu'il a voulu démontrer les différences de perception entre nos ancêtres et nous-mêmes.

Pour cela, il a effectué une analyse poussée de « L'Odyssée » d'Homère, qui aurait été composée à la fin du VIIIè siècle avant J.C, et considérée comme l'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature et comme l'un des poèmes fondateurs (avec l'Iliade) de la civilisation européenne. Chacun des passages descriptifs présents dans l'œuvre a été minutieusement analysé par le savant britannique, qui a ainsi constaté que la couleur bleue n'y est jamais évoquée. Le noir (200 fois), le blanc (100 fois), le rouge (15 fois), le jaune et le vert (une dizaine de fois chacun) sont eux largement évoqués, et dans l'ouvrage, la mer est décrite comme « sombre comme du vin ».

Un philosophe, Lazarus Geiger, s'est appuyé sur ces travaux de Gladstoned et a approfondi les recherches sur d'autres textes anciens pour un même constat, la couleur bleue n'est évoquée que très tard dans l'histoire. En réalité, les Égyptiens sont la seule civilisation antique à l'avoir évoquée, et fut la première à en produire des pigments.

Pour beaucoup, si la perception du bleu n'est apparue que très tard dans l'histoire, c'est parce qu'aucun mot n'était employé pour exprimer ce concept. Tant qu'une population n'a pas de mot pour exprimer un concept, elle peut difficilement reconnaître son existence. Jules Davidoff, chercheur en linguistique, a voulu vérifier cette théorie auprès de la tribu des Himbas, en Namibie, un peuple qui n'a pas de mot pour désigner la couleur bleue. Aux personnes de cette population, il a été présenté un diagramme comprenant 10 carrés verts et un carré bleu, disposés en cercle, puis demandé de repérer le carré différent.

Résultat, la confusion fut générale, la plupart des Himbas n'ayant pas réussi à trouver le carré bleu. En revanche, quand un second diagramme leur a été présenté, avec un carré vert d'une nuance différente des autres à la place du carré bleu, tous les participants ont été unanimes et l'ont de suite repéré. Une unanimité qui tient du fait que chez les Himbas, de nombreux mots existent pour désigner le vert et toutes ses nuances. Pour Jules Davidoff, la théorie se vérifie, si un mot n'existe pas pour désigner une couleur, il nous est très difficile de la percevoir, même si l'œil est probablement capable de la voir.

Tags: maxisciences


Dernier article en ligne : Critique de Michel Onfray

Considérations sur Michel Onfray. « Plus on pense de façon objective, moins on existe. » - Sören Kierkegaard - Mais à vrai dire, je n'ai même pas voulu être objectif dans cette rédaction.

Michel Onfray est un «philosophe» et essayiste français né le 1er janvier 1959 à Argentan. Athée et ardent défenseur de l'épicurisme, il défend et promeut l'idée d'une lecture du réel basée sur la volonté de puissance quand selon lui (et d'autres), la croyance repose sur la faiblesse intrinsèque de l'Homme, l'ayant conduit à s'inventer des Dieux ainsi qu'une vie après la mort.

Je me défais rapidement de la problématique générale et des avis que suscite la question pour remarquer dans un premier temps à quel point cet homme, dans ses idées remarquables apparaît comme original et marquant tant par sa manière d'aborder la thématique (déformer et biaiser les analyses théologiques) que de formuler son avis (en qualifiant littéralement ses quelques lecteurs croyants de "moutons").

Malgré son triste penchant consistant à effleurer les livres ou à les lire en diagonale, soulignons tout de même que les médias l'évoquent en tant que «philosophe» ce qui nous amène donc à nous interroger sur cette question qui traverse les siècles : qu'est-ce qu'un philosophe ?

Wikipedia nous apprend qu'un philosophe «est une personne dont les écrits ou la parole sont reconnus par des écoles, groupes, religions, ou académies... Il existe ainsi une dimension de reconnaissance entre le philosophe et le groupe qui le juge en tant que tel. »

Pour dépasser cette clarification, j'ouvre mon dictionnaire de vocabulaire technique et critique de la philosophie (aux éditions puf), on m'apprend alors que dans les quatre définitions proposées, celle considérée comme répondant le plus à la tradition rapportée par Cicéron notamment ouDiogène Laërce est la suivante : Un philosophe s'occupe de connaître les choses divines et humaines, les origines et les causes de tous les faits. Devant cette tâche colossale qui incombe aux philosophes, tout ce qui intéresse notre Onfray c'est de coucher à l'écrit ses pensées épicuriennes avec des titres très racoleurs comme "l'art de jouir" publié en 1991, ou encore "féérie anatomique" paru en 2003.

La dialectique socratique et la dialectique platonicienne nous enseignent les fondements de l'art de penser, qui n'est pas l'art de faire des fiches universitaires au sujet d'auteurs qu'il faut bien évidemment expliquer au public afin de contribuer à l'éducation de la masse. C'est ainsi qu'on en arrive à des ouvrages du type "crépuscule d'une idole" ou "la puissance d'exister : manifeste hédoniste", ne se contentant par là que de reprendre des pensées avec des "réajustements" contestables. Quant à son traité d'athéologie présenté comme l'ouvrage le plaçant au sommet de son art, il s'agit d'un livre de piètre facture dont la condition sine qua non a été l'existence de son maître à penser, Nietzsche, qu'il ne s'exclut pas de citer à propos de son ouvrage "Ecce homo, Pourquoi je suis un destin, § 8". C'est en somme un somptueux ramassis d'excréments textuels au milieu desquels il se moque encore et toujours de ceux qui sont à la recherche d'une dimension spirituelle, pour ne citer qu'un passage dans la deuxième partie de sa préface au sujet du paradis " il connaîtra donc un jour ces délices ? Oui, j'espère... Je les lui souhaite sincèrement - gardant en mon for intérieur cette certitude qu'il se leurre, qu'on le trompe et qu'il n'en connaîtra malheureusement jamais rien..." Quel mépris, quelle arrogance et quelle suffisance chez un personnage qui se sent l'âme d'un Nietzsche, qu'il ne surpassera jamais ni dans la pensée, ni sous aucune forme de production intellectuelle. Là où le bât blesse, c'est qu'il tente manifestement de vivre selon les enseignements de Nietzsche sans avoir pratiqué le même travail de réflexion que lui afin de parvenir à ses conclusions.

La polarisation médiatique à son égard et le succès de ses livres sont deux indicateurs, semblerait-il en ce triste siècle pour la pensée, permettant de désigner avec légèreté une personne au moyen de sa visibilité comme éminente dans le domaine de la philosophie.

La pierre d'achoppement devant la qualification que revêt Michel Onfray peut être représentée sous cette simple question : Michel Onfray laissera-t-il un seul enseignement philosophique derrière lui ?

La réponse est incroyablement évidente, il n'aura laissé à la postérité qu'une illustration supplémentaire et même superfétatoire de la maxime que l'on impute injustement à Antoine Lavoiser « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

Un philosophe tient compte des enseignements de ses prédécesseurs quand ceux-ci ont été assez lumineux pour que la pensée soit portée à un haut degré d'incandescence en les considérant. Michel Onfray est un obsédé de la référence et c'est même un professionnel de références livresques ostentatoires, quitte à en déprécier sa pensée originelle. Ce n'est pas un philosophe mais un philodoxe en puissance agitant de grandes problématiques déjà soulevées, comme un enfant pourrait s'amuser en remuant son hochet.